Retour à la page d 'accueil
Présentation
LE DIRE VIVANT « Je préfère que les gens disent : j'ai rien compris mais j'ai voyagé... » Pour bien faire, il faudrait pratiquement ne plus voir la personnalité. Laisser surgir la question : qu 'est-ce qui est en train d'arriver ? Qu'est-ce qui est encore trop lourd ? Trop encombrant ? Trop recouvert, faux, déguisé ? Pour que la parole s'achemine et s'active dans un corps de Présence pure. L'écriture creuse des galeries partout là où elle peut sortir à l'air libre sans craindre d'y rester mortifiée par des tournures de phrases lancées en l'air. Aussi, il faut pouvoir accepter d'être assujetti à l' intime contradiction de vouloir à la fois mettre en avant une force créatrice, une démarche artistique, et s'aligner avec cela, s'affirmer autant que possible dans le paysage culturel actuel pour « exister soit-disant » et en même temps ne rien vouloir de tout cela, ne pas y penser, s'en rendre innocent au point de ne plus être ni le poète, ni l'interprète, encore moins l'auteur. Car la parole a cela de contraignant qu'elle impose, elle arme le souffle et ne sait que peu en contrôler les mouvements. « Je n'écris pas dans l'eau. » Le Dire vivant, expression pour signifier la façon organique de dire du texte, va chercher dans le mouvement dansé et le théâtre poétique aussi bien. Mais il n'y a pas de personnage, on est là, entièrement là. On joue mais on ne joue pas. Ce n'est pas du théâtre, c'est bien de la vie qui se déploie hors des conditionnements habituels. De la vie en tant qu'évènement ordinaire communiquant avec le Sacré. Face à l'aberrante utilisation que le monde moderne fait du langage qui n'a d'autre résultat que de dilapider la beauté et la sensibilité propre à chaque être humain, il y a ce choix, cette nécessité vitale de donner à voir la possibilité d'explorer un texte autrement qu'en le lisant ou en le jouant. En incarnant son mystère, sa musique, non ce qui voudrait forcer une compréhension mentale aussi intelligente soit-elle. L'acte d'écrire , n'est pas écrire dans l'eau, comme on dit chez Platon, mais rendre à la vie ces vibrations particulières propres au besoin d'Etre le plus profond et en cela participer, à son niveau évolutif, au Chant du monde. Il y a probablement une poussée racinaire dans cet acte d'écrire, ce don de parole, une sorte de contamination magique dans le meilleur des cas. C.B.